9 avril 2014

Message de fin de soirée

Même en avalant du vin sans le goûter, sans regarder l’étiquette, tu ne devines pas mieux la réalité : Dans l’oscillation, le plaquage du mur le plus proche contre le plus lointain, ton esprit ne devient pas matière. Tu ne peux pas toucher ce qui est hors de toi, comme la mouche devant la fenêtre, qui maintient son élan jusqu’à ce que la douleur devienne aussi vaste que l’horizon qu’elle désirait. Couche-toi donc! disait la voix brisée, un peu endormie.
Impossible de répondre avec des mots.
Tu avances les grognements (qui te vaudront des coups plus tard quand tu changeras d’apparence) et qui, selon ma perception, possèdent la même valeur qu’un bouquet de fleurs sauvages attachées avec de la grosse corde. Enfin. Je te bénis! Je bénis ton âge actuel!

Je refais souvent le rêve du clodo appuyé sur le mur d’un vieil édifice, quelque part dans la ville, dont la bouteille de vin (vide) s’échappe et roule bruyamment sur l’asphalte, qui hurle Je t'aime encore! des années durant. Le monde a peur de ça.
L’immense usine intestinale de son corps propulse des gaz épicés jusque dans le ciel, formant un nuage doré, qu’il contemple d’abord, qu’il cherche ensuite à prendre dans des gestes semblables à ceux d’un bébé, aussi poignants, malgré l’absence totale de musique.
Pense-t-il à une femme qui existe? À une femme qui a existé?
Silence d’un, de plusieurs grains de sable. Silence dur. Dans une baignoire, quelque part, une petite crotte flotte.
Je ne veux pas ouvrir les yeux tout de suite.

Demain, le nuage va se dissiper. Un monstre à tête d’homme va te faire un signe que tu ne comprendras pas. Tu vas continuer ton chemin, récompensée à chacun de tes pas (timides) par une bouffée de joie éphémère.
C’est dans des circonstances semblables, j’imagine, qu’on va se revoir.

5 commentaires: