1 décembre 2017

Cor de basset



Tant qu'on est anonyme, qu'il y a pollution, que le ronronnement doux de tous les moteurs dure, qu'il remue la terre jusqu'au tréfonds, que le vent s'échappe d'une plinthe, souffle une chandelle sans jamais l'éteindre, quelque part. 

Il était une foi, une flamme.

Je ne sais pas aimer, ils ne savent pas haïr, la mort est une posture noble. 
I miss my clarinet so much. 

Dans un creux du crépuscule, à l'aveugle, établir une entente avec cet être vague qui à peine existe.

Beaucoup plus tard, à force de salive, dans la lumière, conclure le deal.

20 novembre 2017

3 septembre 2017

Rêverie du rat



Je deviens libre quand je perds connaissance, la gueule à terre, dégoulinante de béton, de poussière, démoli, enfin.
Muni d'un désir de griffonner quelque chose.

Seul avec un immense dieu venteux, à oublier l'histoire, les paupières tombantes, perforées d'étoiles parmi les camions, les geysers.

Quand est-ce que ça va devenir vrai?

Comme à la radio, le soir, autour d'une lampe analogue, de rideaux raides, poussiéreux, d'un microphone éteint, de kilomètres de corridors vides, incendie au ventre. 

Tu vois cette lumière qui se retire à jamais ?





28 mai 2017

Hologramme




As-tu toujours envie, la nuit, de dire le mot cheval?

À cette heure, je veux devenir sourd. Hurler en coin. Approfondir le bruit de la pluie sur le coal tar chaud et mou, ce genre d'extase.

rien qu’en clignant des yeux, tu pourrais me libérer.

Je laisserai quand même une petite lampe à brûler, la nuit , j’aménagerai une plage horaire.
Un miracle est si vite arrivé.

Le vent transporte les montagnes.



25 février 2017

Émulsion du soir, espoir.


J’hésite à t’écrire.

Je n’ai pas dormi depuis si longtemps que le ciel paraît clair.
Je ne me souviens pas avoir bu de cet alcool sans en renverser.

C’est comme la fois où j’ai voulu qu’on arrive au crépuscule trop vite ; Il lui manquait quelque sombre humeur, à la fin, pour pouvoir me plaire.

On en sort comment, dis-moi, de cette cage thoracique?

Je pourrai respirer ailleurs, plus tard.
Le sucre me fait glisser sur les mots qui cherchent une façon de te dire que nous sommes toujours liés.


22 janvier 2017

Merci de ne pas bouger


Quand j'ouvre les yeux le soleil se couche. Juste le temps d''entrevoir la texture coquille d'oeuf du mur bleu, élimé, d'user doucement mes ongles.

Vers la même époque, à proximité des autoroutes les plus trash, des blocs de glace les plus sales, je t'ai vue disparaître, femme voilée de sommeil. J’ai halluciné ton point d’orgue ébloui.

Ne reste de nous, pour toujours, qu'un peu de temps perdu.
Un jeu de lumières.



1 novembre 2016

Je te ferai voir des étoiles


Tu m'oublieras longtemps, l'esprit vieux, chiffonné en tapon, comme rabougri.
Tu boiras le thé à satiété, bruyamment, sans parvenir à conscience ; T'en verras sécher les feuilles au beau jour, dans trop de lumière, sans que ça te revienne encore.

Je te ferai voir des étoiles, dans longtemps. 

Tandis qu'ils en sont à réinventer l'absinthe, qu'ils parlent de paix, de globules bleus, d’endroits où l’on pourrait se réfugier en cas d'attaque, les yeux rances, hors de soi, hors de tout tumulte et de tout doute.

Mais ne sachant quel crépuscule choisir.

Nous ne sommes pas maintenant. Nous sommes bien plus tôt, bien plus tard, au milieu d'une nuit polaire qui mène au creux où tu vis. 
Tandis que t'es partie fumer, je cherche à comprendre, tête contre ciel, l'histoire d'un mal à tout casser.

Je te ferai voir des étoiles, un jour, tu sais, quand je t'étranglerai.

5 octobre 2016

21 août 2016

25 juillet 2016